4 vérités amères sur le métier de freelance

Non nous n’allons pas vous parler de RSI ou du régime des micro-entreprises …(ou alors presque pas !)  Nous vous proposons plutôt de découvrir ci-dessous le témoignage d’une personne ayant travaillé en freelance pendant 10 ans :

 

J’ai travaillé à mon compte durant 10 ans et voici 4 vérités amères sur le métier de freelance que personne n’ose vous dire

Lorsque j’ai commencé ma carrière de freelance, j’étais pleine de rêves et me disais à quel point cela serait génial. Je serais mon propre patron, je travaillerais sur des projets qui m’intéressent vraiment et je fixerais mes propres heures de travail.

 

A l’époque j’étais tellement fatiguée du rythme métro-boulot-dodo, des réunions inutiles et d’un travail dans lequel je ne m’épanouissais guère et qui prenait le pas sur ma carrière.  Je compris alors que j’avais besoin de changement. Durant cette période de ma vie, j’ai commencé à beaucoup lire sur l’émergence du marché du travail en tant que freelance et j’envisageais alors le travail indépendant comme quelque chose qui me permettrait de mieux contrôler ma vie : je choisissais les projets et les gens avec qui je voulais travailler, quand et où je le voulais. Si d’autres le faisaient, je pouvais le faire moi aussi, et je me suis lancée.

Je n’ai jamais regretté de travailler comme freelance, et c’est une des choses les plus enrichissantes que j’ai jamais faite. Il y a beaucoup d’avantages, et quand tout se passe bien, c’est incroyablement satisfaisant.

 

Cependant, il y avait tellement de choses concernant le travail en freelance que je ne connaissais pas à l’époque, et, à bien des égards, c’était beaucoup difficile que mon précédent emploi. Cela change la façon dont vous vous travaillez et change votre mode de vie, et vous devez être prêt pour cela si vous souhaitez réussir.

 Voici la vérité sur le travail en tant que freelance :

 

1/ Un Freelance ne travaille pas à temps plein

L’un des meilleurs aspects du travail en freelance est que dans les 10 dernières années, j’ai travaillé sur d’innombrables projets. J’ai fait du travail pour des organismes à but non lucratif, des boutiques locales, et même une poignée d’entreprises. Cette diversité est rafraîchissante et motivante, mais entre les différents projets il y a souvent une grande période de calme.

 

Je me souviens qu’au début de ma carrière, j’ai passé deux mois à chercher du travail avant d’avoir une mission payée. Maintenant, l’écart entre chaque “salaire” qui tombe n’est pas aussi important, mais cela se produit et assez régulièrement. Si vous n’avez pas assez d’économies pour patienter jusqu’à ce que la facture arrive, vous risquez d’être en difficulté.

 

Je n’étais pas préparée à être autant stressée entre chaque règlement de mission, ni au fait que je devrais autant m’agiter à trouver de nouvelles missions. Être un freelance qui réussit exige  un certain talent pour se vendre et convaincre les autres de travailler avec vous.

 

 

2/ Etre freelance n’est pas qu’une question d’expertise

Non seulement il faut savoir vendre ses compétences lors des entretiens avec de nouveaux clients, mais il y a également d’autres aptitudes à développer à long-terme lorsque l’on est freelance. Non seulement j’ai du apprendre à être convaincante et faire bonne impression lors des réunions avec des clients, mais je devais aussi organiser ces réunions, c’est à dire que je devais trouver comment me vendre (et me faire confiance, ce qui implique bien plus que de faire un CV).

 

J’ai essayé différentes plateformes pour freelance, mais au fil des années, je me suis aperçue qu’un site internet professionnel m’apportait une grande part de clients, et c’est aujourd’hui encore la principale source d’acquisition de clients. Et ce n’est pas tout, car en tant que freelance, je dois également gérer tout ce qui a trait à la comptabilité, créer des factures pour les clients et de faire mes déclarations pour les cotisations sociales.

 

La vérité est qu’une grande partie de mon temps de travail n’est pas consacré à ce que pourquoi je suis payée – trouver des clients, gérer la paperasse, faire les déclarations de travailleur indépendant me prend plus de temps qu’autre chose !  (NDLR : la freelance qui écrit ses lignes  est américaine… que dirait-elle du RSI et des déclarations auprès de l’URSSAF si elle travaillait en France !)

Freelance coworking

Des freelances dans un espace de coworking

3/ Le début de votre carrière freelance est la partie la plus difficile

 

Ne vous méprenez pas : la route du freelance est difficile. Quelque soit votre profil ou parcours précédent, personne ne vous sollicitera pour du travail au début de votre carrière de freelance. Et s’il y en a, ils sont très peu nombreux. J’ai fini par faire mes premiers projets gratuitement afin de convaincre les clients que je pouvais travailler avec succès en étant freelance.

 

Les processus de validation sont fréquents et longs, que le client cherche quelqu’un pour une mission de rédacteur, infographiste ou créer un site ecommerce. Même si vous avez un book de réalisations importants et que vous ayez déjà travaillé avec ce client, il faut tout de même des années pour construire la confiance avec vos clients et pouvoir facturer à des tarifs plus élevés (et adaptés). Durant mes 10 ans en tant que rédactrice freelance, c’est seulement lors des trois dernières années où j’ai gagné plus que lors de mon précédent emploi en tant que salarié.

4/ Freelance : une activité solitaire in fine.

S’il est vrai que le fait d’être un travailleur indépendant apporte beaucoup d’avantages, pas ou peu de déplacement, pas de box de travail minimaliste ou de faux open space surchargé comme c’est parfois le cas entreprise, pas d’horaires de travail stricto sensu … vous n’avez pas non plus de collègues. Donc pas d’afterworks entre collègues, pas de pause-repas pour discuter, ou de discussions (formelles ou informelles) dans les couloirs.

En tant que freelance, vous travaillez seul, et cela peut vous mettre un coup au moral. Durant ma carrière de travailleur indépendant, j’ai constaté que mon cercle social a diminué et j’ai moins d’amis qu’avant. D’un autre côté, j’ai passé plus de temps avec ma famille que  je ne le faisais avant dans mon travail dans un bureau.

 

La vérité est que travailler en tant que freelance nécessite beaucoup de courage. Vous devez être capable de réaliser une mission ou une tâche sans avoir besoin qu’un patron regarde par dessus votre épaule, tout en restant heureux de faire cela avec une vie sociale dégradée.

 

Nuançons tout de même les propos de cette freelance qui semble avoir travaillé de façon totalement isolée : sans doute n’a-t-elle pas connu (ou n’avait-elle pas la possibilité) les espaces de coworking :  la possibilité de travailler dans un contexte permettant de rester sociabilisé, d’avoir des échanges avec d’autres personnes, de pouvoir être aidé par d’autres coworkers et de se sentir soutenu. Sans nul doute les espaces de coworking offrent des solutions concrètes et adaptées à qui souhaite venir travailler en ces lieux.

 

Vous reconnaissez-vous dans ce que décrit Ellie Martin, rédactrice freelance ? Le portrait qu’elle dresse du métier de freelance n’est-il pas trop noir à votre goût ? Avez-vous ou êtes-vous confronté à ces différents problèmes ? Si oui, que faîtes-vous pour pallier cette situation ?

 

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